Parlons spectacles…

La magie des spectacles : Avez-vous déjà ressenti ce moment dans un spectacle où vous regardez la scène et vous vous émerveillez…

Vous ne savez pas vraiment comment l’expliquer, mais vous n’êtes pas insensible à ce que vous voyez. Ce spectacle vous fait ressentir quelque chose. C’est comme un crépitement qui grandit en vous…

Mon amour pour la scène est inspiré par ce sentiment. Tout devient possible. Je me sens connectée dans le moment. Mes soucis s’évaporent, mes angoisses disparaissent. Je suis devant un moment presque magique. Rien d’autre ne m’affecte. Il n’y a que moi, la scène et les gens autour de moi. On retient tous notre souffle alors qu’on attend de découvrir la prochaine surprise qui nous émerveillera encore plus.

Il existe une quantité incommensurable de spectacles, tous aussi différents les uns des autres. Et il existe une quantité toute aussi abondante de perceptions. Chaque individu a sa propre expérience d’un seul spectacle. Une personne est absorbée tandis que l’autre s’ennuie plus que jamais… Mais tout le monde veut aller voir le spectacle. C’est une expérience.

Mon travail consiste à construire cette expérience. J’essaie de vous surprendre, de vous étonner, de vous en mettre plein les yeux et de vous faire ressentir quelque chose. Parce que sinon, ça sert à rien. Quand je prépare un spectacle, alors même que vous n’y êtes pas, vous participez à son élaboration. C’est pour vous qu’on le fait. Comme un cadeau, on se donne à vous pour que, peut-être, vous ressortiez de la salle avec le sentiment d’avoir assisté à un événement spectaculaire.

À propos de Lucie: J’ai toujours aimé les spectacles… Une passion que je cultive depuis ma naissance sans même avoir réalisé que je le faisais…

J’ai toujours aimé les spectacles. Cependant, avant d’arriver à l’université, je n’imaginais pas que je pouvais en faire un métier. Bien plus qu’une passion, c’est une vocation. Vers la fin de mon Bachlor en Lettres à l’UNIL, j’ai réalisé que le théâtre consiste, comme quand on est enfant, simplement à mettre en scène des histoires et inventer des règles de jeu. Une passion que je cultive depuis ma naissance sans même avoir réalisé que je le faisais…

Une petite fille de trois ans est en train de dicter à ses amies comment jouer à la dinette. Elle leur explique à quel moment bouger, parler, et comment faire semblant de boire le thé. Cette petite fille joue pour la première fois dans un spectacle a cinq ans, et c’est la cheffe des lutins. Le père Noël a perdu son chapeau. Durant le spectacle, elle s’acharne à corriger ses camarades et ne manque pas de faire un commentaire si quelqu’un ose faire un pas de côté durant la représentation. Cinq ans, et déjà un tyran !

Sans surprise, la petite fille que vous être en train d’imaginer, c’est moi.
Avec le temps, je me suis calmée sur mes impulsions de directrice, mais j’ai continué de jouer. À neuf ans, j’inventais déjà quelques jeux pour mes ami.e.x.s. Et à dix ans, mon monde à éclaté quand j’ai rencontré Charlotte pour la première fois. De l’âge de dix à quinze ans, j’inventais jeu après jeu, histoire après histoire pour ma très chère amie. Mon imagination n’avait plus de limites. Le parc à jeu, le village, ma chambre, la colline au bout de la route, la cour de récréation, tout devenait une potentielle scène pour une potentielle aventure… J’avais le théâtre dans la peau, sans même m’en rendre compte…

C’était durant l’adolescence que je tombais amoureuse de la scène comme espace. Chaque production et chaque opportunité entre mes quinze ans et mes dix-huit ans, on me trouvais sur la scène à chaque fois. Étant en OS Musique, chaque année un spectacle était produit dans le cadre de ce cours, auquel je participais. De plus, comme j’étais aussi membre du chœur du gymnase et de la troupe de théâtre, la scène était ma deuxième maison. J’ai même participé aux scènes libres et au concours Nag Night. Et c’était jamais assez! Des heures de répétition dans la grande salle, des loges qu’on connaissait par cœur, des gradins en guise de couchette pour faire la sieste en attendant son tour, le bord de scène en bois, les rideaux en velours, et la scène… La scène ! L’énergie qu’on trouvais dans un espace pareil était incomparable. C’est faire partie d’une véritable expérience extraordinaire.

Mon chemin artistique ne s’est pas arrêté au gymnase. Au début, même si l’université était plus exigeante et demandais que je me focalise d’avantage sur les études que sur les spectacles, c’est en 2021 que je me replonge dans le monde de la scène avec mon petit rôle de régisseuse de scène. Cela m’a encouragée à écrire ma première pièce de théâtre originale « Les Socrates ». À partir de là, rien ne m’arrêtais. Au contraire, tout s’est accéléré. Je commençais à faire de plus en plus de théâtre et j’accumulais de plus en plus de projets. Ensuite est arrivé le grand saut et j’ai mis en scène mon premier spectacle en 2024, amenant sur la scène ma première pièce originale avec l’aide de Lauranne.

Actuellement, je termine mon Master en 2026 avec deux projets en simultanés « Le Banquet » et « Emersion ». J’écris mon mémoire sous forme de recherche création. Mon spectacle « Le Banquet » est réalisé dans le cadre de ma recherche académique et participe à clore mes études supérieures. En plus de faire mon Master, je me spécialise en Études Théâtrales. Cela m’aura pris 25 ans d’existence et sept années d’études universitaires, mais j’ai enfin trouvé ce que je veux faire de ma vie. Je veux créer des spectacles. Et j’ai bien l’intention d’y parvenir !

  • Bonus « spoiler alerte (un peu…) »

    Des petites pépites conconctées par Lauranne Pottier qui prépare des surprises insolites … 😉Notre scénographe et costumière vous présentera tantôt des créations en lien avec le Banquet…

  • Réflexion philosophique sur « Émersion »

    La vérité de la scène n’est pas définie par le regard d’un individu. L’objet sur scène se dégage pour ce qu’il est indépendamment des interprétations subjectives possibles. Ce mouvement rattaché à une phénoménologie Heideggerienne crée un parallèle entre le monde et le contrôle que les gens pensent avoir sur ce dernier. L’individualisme ne définit pas…

  • La Méthode de l’Amour – Introduction

    Comment mettre en scène Le Banquet de Platon sans trahir Platon ? La position de ce dernier semble claire vis-à-vis des représentations artistiques. Il ne s’agit que de copies. En effet, les artistes ne font que des copies de copies d’ombres. L’art, la poésie, le théâtre tel que nous le connaissons, ne sont rien d’autres que des copies…

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